mercredi 18 octobre 2017

Gilles de l'auto-école

Ha Gilou...cette bonne vieille auto-école...que de souvenirs qui remontent à plus d'une décennie.

Je vous spoile des le départ mais j'ai fini par avoir mon permis, ailleurs que dans son école mais ma persévérance a payé.

Donc Gilles, c’était le patron d'une auto école, le type jeune cadre dynamique avec son blouson de motard et ses lunettes de soleil, le bras musclé et doré par les heures de conduites en extérieur, le petit sourire enjôleur qui va bien avec le clin d'oeil. Le frimeur quoi. Moi quand je vois un gars qui roule des mécaniques comme ça je me demande toujours pourquoi, ça se cache derrière tellement d'artifices que ça en devient flagrant. Un besoin de se rassurer, de plaire, d’être vu, ça me dit vaguement quelque chose.

Lorsque je suis venue m'inscrire poussée par ma grand mère qui voulait me récompenser d'avoir réussi mon Bac (histoire de l'art option arts plastiques) c'est Cécile, la secrétaire qui nous a reçu. Une jeune et jolie blonde douce au regard nordique. Je m'inscrit en même temps que mon petit copain, nous passons le code que j’obtiens assez facilement et lui un peu après. Les heures de conduites se passent avec Hervé, avec lui ça ne rigole pas, ça serait même plutôt l'inverse. Après m’être présentée à l'examen de conduite mal préparée je perd confiance et les heures de conduite s'accumulent, deuxième examen raté pour excès de courtoisie, le troisième je cale dans un rond point, le quatrième c'est l'inspecteur qui freine à ma place évitant de justesse un chauffard qui grillait la priorité ... Un an et deux cahiers de formations plus tard, je commence ma vie de passagère dans la voiture de mon mec car lui a eu son permis depuis longtemps.

Un jour où je venais pour deux heures de conduite, j'assiste à une scène de ménage entre Gilles et sa secrétaire : elle jette les clefs par terre et part en claquant la porte, le traitant de menteur. Sur cette ambiance des plus conviviale nous partons Gilles et moi pour une petite virée dans le val de marne.
Comme Gilles est un peu dragueur, il complimente toutes les belles filles qui passent sous ses yeux et chaque fois que je fait des heures de conduites, j'ai droit a tout un tas de compliments sur ma tenue, ma posture, ça en devient limite bizarre mais comme il le fait de manière généralisée, je ne me laisse pas perturber et histoire de le chauffer un peu (s'il veux jouer son charmeur) la conversation dérive je ne sais plus trop comment sur les lesbiennes, je suis diabolique parfois, et il me demande si cela fait parti de mes fantasmes pourtant il sait que j'ai un mec. Pour le voir changer de tête, je lui répond que j'ai déjà essayé mais pas assez longtemps pour savoir si la pénétration finirait par me manquer. Il reste quoi et me demande si je suis disponible cet été, son poste de secrétaire vient de se libérer, qu'il aurait besoin de quelqu'un comme moi. Je ne pensais pas qu'il enchaînerais là dessus mais je me doute qu'il a une idée derrière la tête, vu la réaction de Cécile je ne met pas longtemps à supposer qu'elle avait une liaison et pour se mettre dans cet état probablement des sentiments. 
Néanmoins je me dis que ce boulot tombe à pic et que je ne suis pas née de la dernière pluie, je le vois venir à dix kilomètre.. Lorsque je reprend le poste de Cécile, il me confie la boutique comme si nous étions associés et me demande de profiter du calme de juillet pour ranger toutes les archives papiers qui datent d'avant le logiciel. En rangeant je tombe sur les papiers d'un tribunal, des plaintes de clients, plusieurs...je remet tout en ordre alphabétique, chronologique, je répond au téléphone et prend les rendez vous, j'aime mon job si ce n'est que je sais que je travaille pour un salopard. 
Le temps passant et la confiance s'installant il me demande un jour de mentir à sa femme prétextant qu'il n'est pas là. Je ne comprend pas trop et après lui avoir dit de ne plus me demander de mentir il continue de me donner des excuses bidons à transmettre à son épouse.
La canicule s'installe et comme d'habitude j'ai droit à des réflexions sur ma plastique plus souvent quand je passe le balai, il trouve que je le fait bien.
 Un jour il me demande si je peux porter des jupes, alors pour lui faire croire que je suis docile je met une jupe, mais longue.
Alors il me demande d'en mettre une courte, pas plus courte juste courte...ok mon coco. Le lendemain j'arrive habillée en cagole de base et là c'est le loup de Tex Avery en transe limite amoureux qui me reçoit.
Il veux qu'on passe plus de temps a discuter, se connaître, il aime mon coté sensible pour ça qu'il pense que ça serait top qu'on commande des pizzas pour les manger ensemble à la pause dans la salle de vidéo projection. Bien-sur Gilles, pas de soucis Gilles. Les pizzas j'aime pas ça mais pour ne pas faire ma snob je mange une part ou deux, il rote ses poivrons et enfin les choses sérieuses vont commencés. Je le sais depuis le début et lui ne sais pas qu'en fait, il est tombé dans mes filets.

Il se rapproche et ne sais pas trop comment s'y prendre, il est timide comme c'est craquant, alors je l'aide un peu et lui propose ma bouche à embrasser pour qu'il arrête de bafouiller. Mais il continue sans mot juste avec les mains, il trifouille un peu partout à la va-vite, il se hâte de tirer sa chemise et défaire les boutons de son jean en respirant par grande bouffée paniquée,  il enchaîne rapidement faut dire qu 'on a plus beaucoup de temps aussi, il est derrière moi contre mes fesses à essayer de sortir sa bite et j’attends. Il ne se passe rien. Je me retourne un peu et le vois se branler courbé sur lui même en me disant qu'il est désolé. Visiblement du mal à bander, il tente de se remettre en forme, je le cajole des yeux et lui dit que ce n'est rien en le prenant dans mes bras.

Le cap est franchi, je suis devenue sa maîtresse même si rien ne s'est fait, il est question qu'il vienne chez moi pour avoir plus de temps. Je n'attendais rien de cette relation, je le savais marié, un peu coureur, et même pas foutu de passer à l'action, je le trouvais faux... bref, je ne l'aimais pas.

Comme j'avais droit à une commission à chaque inscription d'un nouvel élève, je me faisait une joie de convaincre les gens venus se renseigner. Un jour j’inscris un élève et d’après le nom de famille Gilles en déduit que la personne est d'origine africaine. Il grimace et me sort que s'il ne paye pas, cela sera retenu sur ma paye. Je suis stupéfaite de sa réflexion.
Il y avait quelques élèves à l'auto école qui, comme moi, étaient des femmes et, comme moi, rataient à répétition leur permis. J'ai entendu Gilles et Hervé rirent du fait qu'elles allaient devoir tout repasser après le cinquième essais, j'avais l'impression que certaines étaient présentées à l'examen mal préparée, comme moi, par un prof qui décourage mais pour eux c'est tout bénef.

Gilles avait cette expression d'ailleurs, qui me faisait bien rire, "c'est le nerf de la guerre". J'avais du mal à me représenter l’allégorie alors comme il était question que je dessine la devanture de la boutique, je crayonnais sur un coin de table et Gilles vient se pencher sur mon épaules pour voir et repart aussitôt le visage écœuré "bhaaa" et moi en rigolant "et bien quoi? c'est le nerf de la guerre".

Un jour Madame Saw vient poser des heures de conduite. Je lui imprime son papier de rendez vous et dessus est écrit aussi qu'elle doit une certaine somme, elle me demande pourquoi vu qu'elle a annulé les heures en question et je répond que je ne suis pas au courant, l'ordi me donne les infos que Gilles a rentré dedans. Elle part fâchée en me lançant un glaçant "toi aussi, tu es dans ses combines" et s'en va attendre le bus à l’arrêt d'en face.
Là je cogite sévère, elle a raison putain, il fait le coup à tout ceux qui sont blacks ou asiat, les femmes... c'est un sacré connard en fait quand on y pense! j'ai pas envie d’être associé à tout ça moi, je suis intègre, éprise de justice. "Alors agis" me dis une petite voix intérieure malicieuse.
Je place le curseur à coté de la somme et l'efface, je ré imprime la feuille de rendez vous sans dette cette fois ci et je m'en vais traverser la rue pour la donner à Madame Saw. "Merci-Merci" me dit elle en me fixant les pupilles. Je me sens vraiment bien à cet instant, mais quand je me retourne en bonne samaritaine, je me rend compte que j'ai laissé la boutique vide : abandon de poste!
J'ai osé bordel. Alors t'en qu'à faire...on ne va pas s’arrêter là : Madame Chen, Monsieur Hamadou, hop hop, sans dette, sans dette, voilà le dernier compte de client nettoyé de ses dettes, enregistrer, enregistrer aussi une copie sur la disquette de sauvegarde et voilà, mission accomplie. J'en profite pour annuler mon dernier examen et les heures de conduites qui sont prévues pour moi. C'est décidé, je me casse moi aussi. Gilles revient de son cours de moto, il est comme toujours en train de lorgner sur le décolleté d'une jeune élève et me dit que si sa femme appelle, il n'est pas là. "Ha au fait Gilles, comme je part en week-end en Normandie, est ce que tu pourrais me payer les heures que j'ai fait jusqu'à présent?"
 Il me payait avec des chèques de clients, je bossais au black, autant vous dire que ce n’était pas légal du tout. 
L’après midi, des gens viennent se renseigner pendant que je rédigeais une belle lettre d'adieux à Gilles. Autant vous dire que je me suis régalée à leur dire les courriers de plaintes que j'avais trouvé dans les archives, qu'en moins de deux mois j'avais eu droit a des réflexions sexistes et des avances tout comme la précédente secrétaire, qu'il faisait des différences de tarif en fonction de la couleur des gens et qu'il laissait des élèves se planter à l'exam pour les plumer jusqu'au derniers sous. On s'est bien marrer et ils m'ont remercier pour mon honnêteté. Le soir je déposais mes chèques sur mon compte et partais pour Cabourg faire du cheval le long de la cote normande. 
Le lundi matin alors que j’étais censée ouvrir l'auto-école, je ne suis pas venue,  je n'ai pas répondue au téléphone, j'avais encore les clefs de la boutique.
 à 9 h le cours de conduite a lieu avec Hervé et son élève ainsi qu'une dizaine d’élève de code et moi je ne suis pas là, je n'ouvre pas et Gilles qui commence plus tard va avoir une drôle de surprise pour commencer sa semaine.

De chez moi j'imagine l’accueil des douze "pas contents d'attendre" qui vont réclamer le remboursement des heures non faites, après ça il ouvre son ordi et découvre l'ampleur du désastre.
Je n'ai que ses messages sur mon répondeur pour me fendre la gueule mais dans le premier il est furax "bon Anouchka? c'est pas sérieux de laisser les gens à la porte". Au deuxième, il vient de comprendre, il est devenu fou, paniqué : "mais qu'est ce que tu as fait?" Au troisième, il pleure " Je t'en pris, rend moi les clefs" Au quatrième, il menace d'aller chez les flics. Alors je le rappel "vas y mon cher Gilou, va chez les flics, raconte leur tout, que tu couches avec tes secrétaires, que tu trafiques les comptes des clients, que tu me payes avec leurs chèques, tout est écrit dans la lettre que tu as du trouver, j’espère avant les autres" 
Capitulation. Il voulait les clefs et on serait quitte donc je suis passée lui rendre avec l'impression d'avoir fait un truc bien, d'avoir botté le cul d'un salopard qui avait fait souffrir plusieurs femmes mais pas moi. 

  Parfois lorsque je raconte cette histoire, les gens ne veulent pas me croire, ce n'est pas la première fois et à vrai dire je m'en fou, c'est mon bonbon ce souvenir.

mardi 17 octobre 2017

ne plus se taire

Meepat photographie

j'écris aujourd'hui car je rumine depuis un moment. J'avais envie d'expliquer pourquoi je n’écris plus trop, expliquer la raison de mon recul. En deux mots cela aurait pu se résumer au fait que je ne m'amuse plus mais il y aurait tant d'autres choses à dire.

Des fois je repense à mon enthousiasme d’antan, mon insouciance et je me demande comment je les ai tout les deux perdu.

Ces derniers temps on parle beaucoup de la condition des femmes dans notre société et ce sujet me touche, me révolte, me fait sortir de mon silence et je trouve ça presque dommage qu'il faille un ras de marée médiatique tel que notre époque nous concocte pour que LES femmes osent enfin parler.
lorsqu'il y a eu l'affaire DSK puis Beaupin et dernièrement Hamilton, je me demandais quel bruit cela ferait si toutes les femmes abusées se mettaient ensemble à le dire....et là où je trouve tout de même un certain progrès dans l'humanité c'est que notre lutte pour la liberté commence à changer de forme. (voir l'article "girl power qu'est tu devenu")

La liberté des femmes, ce sujet toujours revendiqué...se ré-approprier son corps et sa sexualité...combien dont moi même auront essayer et seront rester incomprises, vues comme prisonnières des codes machistes, alimentant la culture de la femme-objet prête à servir...

J'y ai beaucoup réfléchi, je me suis demandé dans  quelle mesure mon attitude n’était pas une stratégie de défense. Je m'explique : lors d'une scène d'un court métrage que j'avais envie d'écrire, j'ai pensé à une scène, une sorte d'allégorie...La dompteuse d'hommes, elle se ferait dévorée à la fin...c'est du tragi- comique dans l'auto-dérison totale qui voudrait illustrer ma démarche, ma croyance dans le fait que je me protège derrière mon pouvoir de séduction mais cela n’opère qu'à distance et ne protège pas du corps à corps...là où l'on ferait comme une charmeuse de serpent rien ne nous protège d'une morsure mortelle...je vais m’arrêter là car j'ai peur que mes métaphore soit trop emprunt de référence judéo-chrétienne.

Une autre question que je me pose c'est pourquoi dans les années 70 un "Pouet-pouet camion" faisait moins scandale qu'aujourd'hui...serait on devenue prudes ou est ce le signe d'une volonté tenace de défendre son droit à ne pas être vu comme un bien public?

 Reste le cas particulier de la fille qui semblait vouloir devenir un personnage public, voulant exercer son métier d'actrice, musicienne, journaliste avec talent, elle est devenu populaire, connue, cela ne fait pas d'elle un bien public. Son corps donné à voir en image n'appartient pas à ses fans, elle en garde le droit d'en faire usage avec qui lui plaira. fin de la parenthèse mais je trouve qu'il fallait préciser.

Si j'avais eu à parler, je ne pense pas que le #balancetonporc m'aurait convenu. Je trouve l'idée du lynchage abject, non pas que j'ai le syndrome de Stockholm ( peu être, qui sait?) mais je préfère tenter de comprendre m’intéresser aux pulsions, aux histoires personnelles, non pas pour excuser mais pour comprendre, saisir une partie de ce qui reste stupéfiant.

Parler ou se taire? longtemps j'ai été de celles qui vous aurait conseillé de ne pas porter plainte, que la position de victime n'est pas confortable et n'apitoie personne en ce monde, triste à dire mais je pensais que c’était cela assumer, que j'ai du le vouloir, aimé ça peu être? que ça a juste dérapé et que n’étant pas comprise dans ma démarche j'ai été prise pour ce que je ne suis pas, une poupée à casser.

Autre chose, oui je réfléchi quand j'ai rien d'autre à faire, à ce qu'il parait c'est pas fun mais pour moi c'est une sorte de masturbation intellectuelle...

La théorie du connard:

Qu'est ce qu'un connard? définition selon moi : un mec qui se sert et qui abîme les femmes, il est un connard non pas par essence mais par son attitude par exemple : le violeur, l'abuseur, le manipulateur, le maître chanteur, le batteur (non on ne forme pas un groupe de musique, quoique...) donc on aura compris quelqu'un qui ne respecte pas, qui nie l'autre en somme.
La question ethnologique que je me pose c'est pourquoi les connards perdurent t'ils dans le temps, dans l'histoire de l'humanité? oui je trouve cela bizarre que nous n'ayons pas sélectionner des partenaires qui (non pas génétiquement mais culturellement) aurait une attitude de respect ?
Pourquoi la culture du viol donc ? 
plusieurs hypothèse pour tenter d'expliquer cela mais en premier lieu le tabou,
 "n'en parlons tout simplement pas" qui ne s'est pas entendu dire en tentant de formuler son malaise que ce n'est ni le lieu, ni la manière de le faire, la seule bonne acceptable c'est le tribunal ou bien-sur les psy pauvres folles que nous sommes...
deuxième hypothèse le syndrome de Stockholm, pour croire que l'amour existe malgré tout, que l'amour violent est une forme d'amour. Imaginons que vous grandissiez dans indifférence général et que le moment le plus fort de votre vie soit une agression, vous auriez l'impression que jamais autant d'attention ne vous aura été porté, jamais vous n'avez été si nécessaire, utile à quelqu'un qui victime de ses pulsions le pauvre, n'aurait que vous pour le soulager et ne pas faire plus de dégâts.
De cette deuxième hypothèse découle la troisième, l’adhésion à la cause. puisque l'amour violent existe comme forme d'amour, il peut perdurer. En viendrait cette volonté de rester la préféré, la petite fille éternelle quitte à alimenter les codes machistes et même plus tard transférer sur une autre pour rester celle qui fourni le bon gibier. Dompter le prédateur par la séduction.

C'est hallucinant que je me dise tout cela alors que pendant des années je me suis construite en pensant que je prenait ma sexualité en main, que j'étais libre de choisir mes partenaires. Il aura fallu tout ce temps, cette maturation et la rencontre avec le libertinage, ce blog pour me faire avancer évoluer vers une autre façon de me sentir libre finalement.

Au départ quand j’étais ado, je revendiquais le droit à une sexualité active des femmes et lorsqu'on venait me demander si ma mauvaise réputation était fondée, je n'avais pas mon pareil pour remballer la personne, j'assumais sans honte et la marginalité de cette attitude ne tarda pas à me ramener quelques curieux qui n'auraient pas vu l'ombre d'un lien entre ma maturité sexuelle et les abus dont je témoignais librement. Je pensais que cela ne m'avais pas traumatisée tant que cela puisque je m'épanouissais, je jouissais de mon corps et que je profitais de cette condition de femme au lieu, comme d'autre que j'ai pu fréquenter, qui se sont dé-feminiser au possible pour se protéger.
Il aura fallu attendre qu'un de ceux venu se déniaiser avec moi tombe amoureux et veuille bien me garder pour faire de moi une femme honorable, ou presque puisque après deux ans de fidélité, je retournais vagabonder à l'aventure pour vivre le grand frisson. 

Combien de fois m'est il arrivé, malgré mon comportement entreprenant de fille qui choisi, de me retrouvé dans une sale affaire, un truc qui n’était pas prévu au programme comme le copain du copain qu'il ne faut pas vexer...j'ai mis le temps d'une prescription à me rendre compte que je n'avais pas choisi cette fois ci, que j'avais négocié pour pas qu'on ne me fasse pas mal en fait. Je n'avais rien compris, je croyais qu'on se reverrai, qu'il serai mon mec...Stockholm? il aura fallu que je me retrouve à nouveau dans une sale affaire du genre, encore dans un hôtel, encore par surprise, puisque je suis chaude je dois avoir envie tout le temps vous comprenez la logique...et là fracture psychique, enfin à presque 34 ballets.

J'ouvre les yeux sur tout ce que je n'ai pas voulu avant, toute les fois ou par stratégie de fuite, j'ai coopéré. C’était plus simple que de passer pour une chieuse, une fille pas cool, qui se prend la tête vous savez?

Une fois alors que je venais d'ouvrir un compte avec mon mec sur un site de libertinage, il y a deux trois ans, un homme en couple m'invite dans un superbe château pour une soirée maître et soumise, je n'y connaissais rien à l'époque donc on se parle au téléphone, je me croyais prudente...bref le mec me dit "ça te dirais de te faire prendre sur un fauteuil Louis 16" et puis voyant que je reste dubitative il me demande de but en blanc si j'ai déjà subi des attouchements, puis il ajoute que beaucoup de femme de ce milieu, dans le sm aussi selon lui auraient été victimes, et voilà qu'il me soutiens qu'il serait bon de revivre le traumatisme pour le dépasser. Je n'étais pas préparée à cela et de relier mes envie de fantasme fantaisistes à des vieux traumas ne me convenait pas. et il avait planter la graine du doute le salopard car je commençais à me questionner sur mes motivations, me trouvant moi même bien timbrée parfois je me mis à craindre d’être passée du coté des manipulateurs, de ceux qui vous bercent pour parvenir à leur fins et oui, on apprend à bonne école.

Alors que je me croyais être la reine des vicelardes, je me croyais à l’abri lorsque j'en rencontrais un, je lui disais qu'il était face à un égal. Il fallait que ce soit l'autre qui entre dans ma mise en scène . Pourtant dupée oui on peut le dire, j'ai bien été vers mon fantasme lorsque de moi même j'ai accepté de vivre une expérience monnayée. La bécasse contente d'elle. Qui fait la moue tout de même car le goujat ne s'est pas transformé par l'action de ma gentillesse non, il est resté le connard qui rechigne à payer la somme qu'il s’était fixé. alors que moi stupide couillonne je m'applique à faire toujours plus que nécessaire.

Un jour je me rend compte que les seuls qui me parlent encore sont ceux qui veulent ma peau, enfin gentiment bien-sur toujours mais vu la masse je ne le ressent plus de manière très agréable. là j'ai pas étendu la liste sinon j'aurai encore un nouvel ouvrage à finir mais j'ai encore une belle anecdote à vous raconter. Juste pour dire qu'on n'est pas toujours victime des connards. La prochaine fois je vous raconterais l'histoire de Gilles de l'auto école.


mardi 5 septembre 2017

Shooting collectif sur le theme des "Orgies Romaines"


Le casting de modéles au complet sur le theme "Latex". Photo by Meepat, post traitement by Camille Belledejour



 C'était un samedi, juste avant que la rentrée ne nous extirpe de l'ambiance estivale. J'avais envie d'un rendez-vous pour une ultime plongée créatrice et passionnelle en réunissant des personnes qui me sont chères ou que je tenais à rencontrer.

Un mois et demi à l'avance, quand l'idée germe dans mon esprit, j'ai proposé ce projet à quelques personnes et commencé à écrire pour organiser la réalisation de mon "fantasme". Quelle bonne surprise lorsqu'au delà de mes espérances le projet emballe et rassemble.

Le Casting final réuni

Deux photographes :

Meepat Boby-painting
-Meepat, LE photographe qui a réussi à me faire poser nue et m'a fait évoluer pour devenir ce que je suis aujourd'hui.











-Alain Massa, le deuxième avec qui j'ai posé, photographe parisien proche du milieu libertin, il nous a permis d'avoir un lieu approprié et connaissait la plupart des modèles. Pour voir l'ensemble de son travail et vous promener dans ses albums, voici le lien de son site.



Un réalisateur souhaitant garder l’anonymat.


Le pied du réalisateur au premier plan, photo by Meepat
Nous aurons peut-être, d'ici quelques semaines, un "clip" du making-off filmé et monté par notre généreux bienfaiteur anonyme.


Kilt Chris: Assistant décor pour l'occasion, alias "Dieu" sur la scène du rideau turquoise. Il fut des premiers acquéreurs de l'album de l'expo "A Demi-Nue" organisée par mes soins en 2016 et aussi le correcteur de mon recueil de récits érotiques.


Sept modèles féminins d’expériences diverses en terme de shooting mais toutes reliées par cette esprit de tolérance et de curiosité qui permet une complicité visible.

-Camille Belledejour : Organisatrice d'événements coquins notamment les soirées à theme "Marie-Antoinette" et "célibertins" d'Eros et Camélia. Elle m'a énormément aider sur ce projet (merci pour la bagnole Mo') De part sa fougue, son port de reine, sa plastique à faire pâlir certain canon, elle nous a subjuguée par sa beauté.

Photo back-stage by Meepat
Camille Belledejour by Al

Photo by Miss Daktary



-Chloé Délivrée, chroniqueuse auprès de JY d'Ange et Flore Cherry lors des soirées "lectures érotiques" et" les écrits polissons" au 153, elle est une plus qu'une amie avec qui je vais prendre des cours de danse à l'école des filles de joie pour danser en public chez Z à l'anniversaire de Monsieur Chapeau, ou une complice de soirée que je retrouve à l'éclipse; c'est une personne qui me touche profondément (jeu de mot? il fallait bien).

Chloé by Meepat

-Adrienne Lavigne, amie chère à mon corps, rencontrée au Taken et lors des apéros libertins de Monsieur Chapeau, complice de shooting pour Alain il y a peu de temps, mon esprit l'associe aussitôt à une joyeuse tornade de sensualité.

Adrienne by Meepat
Adrienne by Meepat



Adrienne et Anouchka by Meepat

Miss Dactari by Meepat
-Camille Miss Dactari, dont le blog "Libertine et alors" est
LE blog (avec" les fesses de la crémière") qui m'a fait découvrir le libertinage et le poly-amour, la rencontrer et poser avec elle m'a fait énormément plaisir.

Banshee by Meepat

-Banshee, Modèle de nue avec qui j'avais déjà posé lors d'un shooting en foret avec Olivier Parent (regret qu'il ne put être présent) . Recroisée à d'autres soirées du genre, j'avais encore beaucoup de choses à découvrir à son sujet et ce shooting fut le moment rêvé pour la voir sous un autre aspect (les photos parleront d'elles même je pense)

Banshee by Meepat


-Séléna MP, Photographe dont l'appareil maudit ne lui permis d’être ce jour là qu'assistante et modèle à l'occasion de la fin du shooting. Ce fut pour moi une joie de pouvoir être ensemble sur un projet collectif , admirative de longue date de son travail sur l'image de la femme, il me tenait à cœur de souligner que la création mutuelle est plus constructive que de laisser à d'autres le pouvoir de nous mettre en rivalité.

Sénena by Meepat




Toutes les conditions sont réunies pour passer une journée de folie, alors c'est parti :

Dans un coin sont entreposés tout les costumes, dans un autre le coin buffet/fruits, ici un miroir et une  tablette pour se maquiller et se coiffer. Les filles se préparent, se font plus belles encore. Les mecs m'aident à installer le décor et préparent leurs appareils.

Quelques heures plus tard, tout le monde est prêt et nous commençons à poser dans le décor.
La suite se passe de commentaires. A moins qu'une nouvelle rédigée par Marquis de la Génoise ne vienne narrer notre récit photographique.



Post-traitement : Anouchka
Post traitement : Anouchka





photo et post traitement Miss Dactari


















Selena et Banshee by Meepat














lundi 26 juin 2017

Line Pomarel Modèle vivante

Photographe : Peau d'âme

Avez vous déjà eu l'occasion de témoigner d'un combat pour la vie? avez vous déjà regardé une femme vaincre la maladie avec splendeur? C'est ici que les idées reçues vont tomber.
Quand on cantonne la féminité à quelques codes, n'en oublie t'on pas qu’être femme c'est ce combat là : tenter de rester vivante, forte, bien dans sa peau.
Line, c'est un soleil. Le jour de notre rencontre, j'ai été éblouie par son sourire, prêt à croquer la vie; sa fraîcheur, son regard espiègle rieur, son intérêt pour l'art, la musique, le théâtre. Il y a des gens qui méritent d’être connus et Line en fait indéniablement partie.
J'ai eu envie de vous en faire une interview-portrait qui rendrait compte de l’évolution de son travail de modèle dans une sorte de rétrospective.

Comment s'est faite ta rencontre avec le média photographique? 

Tableau de Vincent Fonf 2015 Acrilique format carte postal

C'est grâce au tableau de l'artiste peintre performeur Vincent Fonf que je suis devenue modèle et que je me suis battue contre la maladie en 2015. C'est comme ça qu'a commencé mon travail.
Cet artiste m' a proposé de poser pour lui à distance, c'est arrivé à un moment où je venais d'apprendre une troisième récidive d'un cancer, où j' étais au plus mal. Ce tableau a été un déclencheur. Il m'a fait prendre conscience qu'avec mes cicatrices sur mon corps, je pouvais m'accepter comme je suis et me sentir femme malgré mes épreuves. Une première thérapie.





Photographe : Jo Varin


Après ce tableau, j' avais envie de me sentir jolie, 
me faire du bien et passer mon premier message 
contre le cancer puis montrer que l'humain peut se battre.
Je suis allée trouver une amie photographe, Jo Varin.
Elle a aimé ma force, mon énergie, mon côté atypique  et
de là elle m'a sublimée.





Depuis cela, je n'ai plus arrêté mon combat. J'ai rencontré du monde, d'autres photographes, notamment Philippe Deutsch et Sandra Ancelin qui m'ont soutenue. 


Photographe : Philippe Deutsch (Deutsch:Art Photo Graphic Design)

Ensuite aux Rencontres Contemporaines Photographiques des Invalides, moi qui ne sortais jamais de chez moi, j'ai battu des montagnes. Que de belles choses me sont arrivées! Une envie de vivre et de prendre tout ce qui serait bon pour moi, profiter de chaque instant à fond sans me poser de questions.  J'appréhendais le jugement mais je l'ai fait, j'ai appris à être moi même plus tolérante car à chacun ses histoires de vie. En plus d'être maman avec deux filles, j'ai redécouvert ma féminité de manière indépendante et fière, une liberté acquise! Malgré mon quotidien parfois compliqué, je me bats encore tous les jours pour avoir une vie digne et qui me plaît. Avec une bataille de quatorze ans derrière moi (trois cancers 2003, 2011, 2015) actuellement je suis en rémission grâce aussi à ces années de 2015 à 2017 où je me suis secouée en tant que modèle.

Photographe : Sandra Ancelin



"Mes photos me racontent. Toutes sont-elles."

Photographe : Pierre Leblanc



Je suis attachée à faire et poser pour des photos engagées comme avec Pierre Leblanc, photographe engagé sur les droits de l'homme.










Photographe Vanda Spengler
Photographe Vanda Spengler

Je suis même allée à la Sorbonne nouvelle pour une conférence sur les femmes dans l'art. C'est un honneur, les étudiants en art mon posé des questions. Un vrai témoignage pour changer les mentalités. Il y avait avec moi ce jour là Vanda Spengler, qui travaille avec des modèles non stéréotypés, une artiste plasticienne, et une femme qui venait d' une association pour femmes maltraitées, un vrai travail sur les femmes aujourd'hui dans le milieu artistique.

Voici quelques photos d'autres photographes avec qui j'ai collaboré :

Louise Dumont

Jean Michel Leligne

Mind Absy: Photo




Beth Else :photo


Pour l'association Paris est à nous :
Photographe Franck Bouvet

Photographe Maya Heime


Forte d'avoir travaillé avec beaucoup de monde, je ne peux pas tous les citer, mais je les remercie énormément.

En dehors des photos, je suis concernée par d'autres formes d'art, d'où mes partages et rencontres avec d'autres artistes dans les domaines de la musique, la peinture, le théâtre...
C'est mon univers. Chez moi, je peins aussi, je me cherche encore. Peinture à l'huile, aquarelle, poésie... Je crée dans le temps, je lie tout ce que je fais car cela fait partie de moi. Je participe à des ateliers d'art contemporain à la galerie et la médiathèque de Noisy-le-sec.

huile sur toile, patine dorée et feuille d'or 21x40cm

huile sur toile panoramique 150x50cm

huile sur toile, patine doré et feuille d'or 40x50cm

huile sur toile, patine dorée et feuilles d'or.46x60cm


Tu as des projets dernièrement, vers quoi veux-tu aller?

J'ai commencé à faire de la figuration: dans un clip en 2015 et dans un court métrage récemment.
Je me donne des challenges, la vie apporte de nouveaux chemins et de belles aventures.

Line Pomarel

Pour voir l'ensemble de son travail de modèle, 
il est possible de consulter sa page facebook  Lady Charly
ainsi que sa page de partages artistiques  I have a Dream
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