mardi 28 avril 2015

"Ma première libertine" par William

Un autre texte de William que je remercie au passage, dans un style plus littéraire et subtil, j'adore.


Le rendez-vous avait été pris il y a quelques jours déjà et malgré mon âge avancé, alors que j’étais sur le chemin qui me menait à sa porte, j’avais maintenant, au cœur du ventre, ce petit pincement d’effroi propre au première entrevue d’adolescent, quant, au-delà du raisonnable, on se met à trembler devant l’inconnu, cette instant fragile d’une rencontre à venir dont on espère un bon souvenir. Alors l’esprit galope pour se rassurer sans doute et on imagine les événements qui dans un instant sortiront des songes pour enivrer peut-être le réel.

La sonnerie tinte, un peu sourde, quelques pas se distinguent, la serrure tourne en de petits cliquetis bien nets et elle apparait, un sourire simple aux lèvres qu’entourent de blonds cheveux. Mes yeux se ferment, mon index droit dressé se pose perpendiculaire à ma bouche pour l’enjoindre au silence et ma main gauche d’un geste lent, un peu comme on tourne une pomme sur sa queue pour la détacher de l’arbre, lui indique de se retourner. 
 
J’entre dans le couloir, pose doucement mes mains sur ses fesses afin qu’elle avance un peu pour me permettre de refermer la porte. Sans plus attendre et avant qu’elle ne se ravise de se tourner vers moi, je fais glisser mon écharpe noire de mon cou et délicatement la pose en bandeau sur ses yeux. Elle frisonne et comme pour la rassurer je caresse ses cheveux de haut en bas, sur les côtés puis après quelques aller-retour mes doigts s’attardent sur sa nuque où ils découvrent enfin sa peau.

Elle a compris le jeu, son corps se détend et je m’y aventure. D’abord glissant sur l’étoffe de son vêtement, paume ouverte, des épaules jusqu’au bas du dos, je prends la mesure de cette terre inconnue. Sans descendre plus bas, mes mains s’aventurent sur ses hanches pour aborder son ventre puis remonter sur sa poitrine alors que mon corps s’applique à coller le sien afin qu’elle perçoive mon excitation naissante qui durcit à mesure que je prends possession de ses deux seins, le plus doucement possible, comme on porte une offrande.

Alors, le désir de la chair m’envahit et sans plus de mesure, m’éloignant avec regret de son corps chaud, ma main gauche quitte la forme rebondie pour se glisser sous sa jupe, toujours par derrière , ente ses cuisses, afin que les doigts remontent jusqu’ à cette frontière merveilleuse où les bas laissent le champ libre à l’épiderme avant qu’il ne soit couvert de nouveau par la dentelle d’une culotte tendue sous de pulpeuses fesses. 

C’est ici, le règne du frison, lorsque le bout des doigts, légers comme des plumes, effleurent en cercles concentriques une surface de plus en plus étendue afin qu’une chair de poule naisse et que mille petits érections envahissent l’espace et guident la main vers l’entre jambes, de plus en plus haut, de plus en plus chaud, humide bientôt comme un orage d’été.

Vient alors le temps d’effeuiller ce corps qui s’échauffe et lentement, un à un, déposer au sol tout ce qui étouffe cette chair pour ne rien laisser à couvert. Et chaque feuille qui tombe, mais surtout les dernières ravissantes au regard, offrent le spectacle d’un Eden promis, attendu, espéré, capiteux et dont le premier effet, le bandeau désormais à terre, est de lui prendre les mains, de la tourner vers soi pour se perdre dans ses yeux, s’y reposer un instant, le dos appuyé contre le mur, épuisé par le désir, les bras tremblant, la queue douloureuse, prisonnière et gonflée d’appétit.

Ce qu’ensuite, il advint, l’histoire ne le dit pas car lorsqu’on se rend à son premier rendez-vous libertin, et que la maitresse des lieux sait de quoi il retourne pour en être coutumière, humblement, on se laisse guider et quand la porte s’ouvre, le débutant, d’un sourire confiant, s’offre aux désirs de son hôte comme on offre des fleurs, un gâteau ou une bouteille de vin.

dimanche 26 avril 2015

Quelques blogs sympas:

  Un peu de lectures coquines?

Je les adore, un couple de libertins amoureux  que je lis depuis des années.

Leur blog est agréable à lire et aussi distrayant qu'instructif, j'aime beaucoup:

Palaume et son blog "Notre vie libertine" 


Un autre blog très esthétique visuellement qui a de quoi ravir les amateurs de S.M.

Le Comte de Noirceuil


LE blog que je lis depuis x temps

Confessions et réflexions d'un mari  sur le couple, le sexe, la liberté, l'infidélité, le plaisir, le désir, l'égalité des sexes, les amours plurielles, agrémentées de jolis dessins. 

 Les fesses de la crémière 






Je l'aime, je l'adore,
cette fille c'est Camille,
une parisienne trentenaire d'un talent et d'une finesse d'esprit qui me subjugue
son blog Libertinage à paris
http://libertinage-paris.blogspot.fr
est parfait et je vais vous dire pourquoi

 C'est un blog de libertinage écrit par une fille et par n'importe laquelle, cultivée, ravissante, au clair avec son époque, elle analyse et se positionne, a un avis pertinent, digne d’intérêt. Une d'amoureuse des émotions, du désir, du plaisir sexuel, des rapport humains...vraiment rien à redire. Mon avis manque peu être d'objectivité car c'est avant tout l'auteure que je trouve attachante. Aussitôt la fenêtre ouverte, je suis plongée dans l'aventure, on a envie de la suivre dans les cheminements de sa pensée et de la savoir heureuse....
Camille tu es GÉNIALE. Merci d'exister, continues toujours.
Sans rire, il faut le faire quand même, c'est de l'audace, du courage que d'oser dire, que d'oser vivre, que d’être une femme aujourd'hui qui aime le plaisir et qui veux pouvoir en être fière sans perdre sans dignité. Moi je dit Bravo!!! encore!!! car que cette liberté là puisse exister, ça me rend heureuse tout simplement.

Un blog de photographies de nus artistiques :




Un blog d'un ami qui écrit des tirades poétiquement torrides


 

Et pour finir, deux adresses de site de textes érotiques :


revebebe 

xstory
 

 

samedi 25 avril 2015

conception de sex-toy

Ces derniers jours, je passe plus de temps à dessiner qu'à écrire.
Pourtant j'ai bien plusieurs chapitres en attente mais j'ai de l'inspiration pour des formes rondes, 

des objets en bois...

 
premiers essais avec paint c'est pas encore ça...
J'ai pas vraiment réussi à donner la perspective que je voulais

mais cela donne une idée globale


assez représentative...

Bientôt peu être, des mains habiles donneront vie à mes idées, 
qui sait?

lundi 20 avril 2015

on a testé pour vous Mugler Follies


Pour notre soirée de jour de l'an, nous avions le choix entre :
-une fiesta entre copains sages, trop sage
-faire une soirée "multi" à la maison, trop fou
-passer une soirée coquine en amoureux, un compromis raisonnable.
Nous réservons donc pour aller voir, une fois n'est pas coutume, un spectacle de cabaret.


 
C'est à Strasbourg Saint-Denis que nous nous rendons, au théâtre de Music-Hall Le Comédia (anciennement L'Eldorado) qui a vu jouer Fame, Grease, a changé de nom, de propriétaire, vu son plafond s'écrouler... avant d’être entièrement rénové pour accueillir le spectacle de Thierry Mugler: le Mugler Follies.











 

Nos impressions sur le spectacle : 


"j'ai été plutôt surpris par la présence d'un travail d'acteur, de séquences théâtralisées assez fréquentes et sympathiques, des personnages attachants ayant un vrai jeu de scène : Morphose,  Mme Mercier... et des artistes au physique peu formaté, avec des talents personnels mis en valeur."


Le remarquable travail de Thierry Mugler réside dans cette savante combinaison de diverses formes d'arts de la scène : des numéros de cirque, de danse et de chant, une mise en scène surprenante de par ses effets spéciaux, un casting de premier choix, des costumes à la hauteur de ce que l'on peut espérer d'un créateur de mode (voir croquis des costumes) faisant lien entre les traditions du cabaret d'autrefois et d'aujourd'hui.




"J'ai été touchée par l'aspect intemporel du "pouvoir de la beauté" dont il est question dans le spectacle, il raconte ce qu'il y a de magique à incarner la séduction, il magnifie la personnification de la féminité comme quelque chose qui approche la sacralité."


Actuellement, la revue est en suspend pour être revisitée et reprendre sur les chapeaux de roues à la saison prochaine



Qui est Thierry Mugler?


Styliste et grand couturier français, créateur de vêtements et de parfum, ainsi que metteur en scène et photographe, il côtoie la génération de « jeunes créateurs » avec ses designs architecturées pour des « superwomen » à talons hauts et aux épaules carrées. Mugler innove dans les formes autant que dans les matières et joue avec le cuir, le métal, le vinyle…


Dans sa jeunesse, une formation de danseur classique lui donne le goût de la discipline du corps et de l'esprit et un talent développé pour l'expression corporelle. Âgé de 21ans il s'installe à Paris et ouvre sa première boutique de créateur. A peine cinq ans plus tard il est reconnu comme styliste indépendant et travaille pour de grandes maisons de prêt à porter. Sa première collection personnelle signée « Café de Paris », citadine et sophistiquée, à contre-courant des tendances du moment : un retour à l’image d’une femme sexy, parisienne, coquette, aguichante et sûre d’elle, et qui n’est pas sans rappeler l’élégance sobre et intemporelle des actrices Hitchcockiennes. Ce sont les prémices d’une hyper-féminité. Il affirme déjà son style bien à lui, fait d’un équilibre intemporel entre classicisme et modernité. [source: Wikipedia]

Ma première fois avec une fille




J'étais en première année de formation, en couple depuis un an. Ma vie tournait tranquillement. L'été venu, je postule pour un job d'été, de quoi poursuivre ma formation en deuxième année. Je trouve un poste d'animatrice de centre de loisir maternel tout prés de chez moi dans mon ancienne école justement. Le responsable, un chilien d'origine, un homme à fort tempérament, mène ses troupes d'une main de fer. L'ambiance de travail est presque familiale et potache cependant. Je commence à sympathiser avec une collègue, Laura. Elle est dans la section qui jouxte la mienne, celle des petits. De mon coté, je m'occupe d'un groupe de moyens. Elle est la seule dans l'équipe à ne jamais hausser le ton, quand je la vois dans la cour, il y a toujours un enfant pour lui tenir la main et la suivre. Quand il y a un petit bobo, un chagrin, c'est plutôt vers elle qu'ils savent trouver du réconfort. Il faut dire qu'elle a l'air très douce. Peu être la candeur de sa jeunesse, sa peau métissée, les traits arrondies de sa bouche, ses cheveux bouclés et noirs, tout en elle évoque la douceur et le charme sans jamais être agressif. C'est une belle jeune femme, aussi elle sait se mettre en valeur : Ses petites robes à fleurs contrastent tellement avec ses grosses Doc-Marten's que ses jambes ont l'air encore plus mignones. C'est assez naturellement que nous commençons à nous rapprocher tout d'abord autour de nos valeurs, nos façons de travailler auprès des enfants. Un jour, on envisage de se retrouver après le travail pour aller boire un verre et très vite elle me confie sa bi-sexualité. 
Cette annonce me fais beaucoup me questionner sur mon orientation sexuelle. En effet, depuis mes premiers flirts avec des garçons de mon age, j'ai comme qui dirait complètement refoulé les jeux auxquels nous jouions mes amies et moi. On avait des scénarios du patron et sa secrétaire, du photographe et son modèle, on mettait en scène nos fantasmes sans crainte allant même jusqu'à des rapprochement assez poussés. Tout cela me revenant en mémoire, je commence à envisager les femmes sous un tout autre regard. Je commence à me rapprocher de Laura et il se crée entre nous une relation complice et délicate. L'approche n'est pas facile à faire car je n'ai jamais séduit de femme mais en cherchant à la connaître, à l'accompagner dans ce qu'elle aime, nous devenons de très bonnes amies. Les semaines passent et finalement je ne sais toujours pas comment me lancer. Mon couple n'est pas aussi enthousiasmant en comparaison à toute la réflexion que je dois mener pour trouver comment passer un moment charnel avec elle.



C'est en lui écrivant que j'arrive à lui avouer mon attirance. Dès lors, son attitude avec moi n'est plus du tout la même. Elle me lance des œillades enflammés et porte son corps d'une tout autre manière. Elle me dit qu'elle veux bien, c'est ce que je crois deviner. Un soir, nous étions chez moi, c'était la soirée idéale pour me lancer. Nous parlions, buvions et fumions l'une prés de l'autre. Elle était assise sur le canapé et moi sur le sol tout prés de ses jambes. Quand je lui tendis le joint, nos doigts se touchèrent dans un mouvement qui ne voulait pas cesser d’être. Un peu plus tard, je lui propose une soufflette, nos bouches se touchent, mes seins collés sur ses jambes, elle aspire la fumée qui s’échappe d'entre mes lèvres. Je lui demande après avoir longuement lorgner sur ses belles jambes si je peux les toucher. Elle accepte et se remet dans une posture langoureuse avec son air charmeur. Enfin, mes mains se promennent sur son corps. Elle est là, offerte à mon plaisir de la voir se detendre sous mes caresses. Mes mains se posent sur ses chevilles si fines, je prends son mollet dans le creux de ma paume, c'est chaud. J'imagine dejà ses fesses à la place. Je respire un peu plus profondément, le contact entre nous est électrique. Je lève les yeux et la regarde, elle aussi à l'air toute palpitante, sa bouche entre-ouverte, ses yeux mis clos, sa jambe tendue vers moi. Bordel! Laura! Elle est là, offerte à mes caresses, il faut que je m'applique, j'aimerais tellement la voir tressaillir, la voir gémir et se tordre de plaisir, mais nous avons tout notre temps et à cet instant, elle m'offre son corps comme terrain de découverte. 

Mes mains palpent ses jambes intensément. Je remonte sous le genoux et me déplace pour ouvrir un peu le passage, mon buste cambré se frotte pour faire saillir mes pointes de seins sur ses cuisses. Je la regarde et sort le bout de ma langue pour dessiner sur sa peau, j'ouvre plus grand la bouche et mord tendrement dans la chair intérieur de sa jambe. Elle soulève son bassin et montre son empressement à quitter ses vêtements. Avant qu'elle ne se lève, je retrousse sa jupe puis j’écarte le tissu qui recouvre son antre déjà glissant de désir. Je rapproche mon visage de son ventre pour l'embrasser, j'ouvre son cache cœur et découvre ses adorable petits seins, elle gémit et se tortille, impatiente que je m'occupe d'elle mais je me surprend à la contempler sans cesser de palper ses cuisses, ses hanches, sa taille, son corps de femme... et quelle femme!



Ses seins réagissent très vite aux caresses et ils se dressent dans ma bouche pour être mordillés et aspirés. Elle gémit plus fort encore, se mord les lèvres. C'est elle qui m'embrasse à présent, elle me fait comprendre à qu'elle point elle a envie elle aussi. Je suis aux anges. Nos bouches se mélangent, nos langues se malaxent. Nos corps pris dans une ondée de plaisir grandissante sont portés dans un fusionnement charnel qui nous transporte à la rencontre l'une de l'autre. Mes mains descendent à présent entre ses jambes, je frôle légèrement avec mon doigt l’intérieur de ses cuisses m' avançant plus prés à chaque passage. Elle trésaille. Mes doigts se rapprochent dangereusement de son entrejambe, j'y sens une chaleur diffuse que me donne irrépressiblement envie de glisser en elle. Toujours nos langues mêlées, nos poitrines dressées l'une vers l'autre, j'aventure mes doigts sous la dentelle de sa culotte. C'est trempé, sa mouille glissante et chaude se répand sur mes doigts, sa chair gonflée et frémissante ondule et se frotte, m'invite à glisser plus loin. Elle m'aspire les doigts à l'intérieur, elle est brulante. Je la sens s'ouvrir et pousser sur ma main pour que je rentre plus loin, ses gémissements emplissent la pièce, j'ai l'impression d'entendre sa voix tourner autour de moi, son bassin agissant indépendamment de sa volonté. Elle remue de plus en plus vite, avec ma main je m'applique à lui faire sentir un massage délicat mais suffisamment ferme, tout les muscles de ses parois sont serrés contre mes doigts, elle se referme successivement. « Ho oui, ho oui » murmure-elle, la tête renversée. Mon ventre serré de la voir ainsi, comme une possédée prête à lâcher toute idée de retenue, je commence à sentir mon plaisir couler, mes lèvres glissantes et gonflées frottent l'une sur l'autre au rythme de mes ondulations et me font gémir à mon tour. Plus vite, plus fort ma main s'active entre ses jambes, elle se tend comme un arc, tendue à la rencontre de mon offrande. Mes doigts en elle, pliés vers le haut, ma paume au contact de son pubis, mon pouce tournant autour de son bouton dressé. Elle blottit son visage dans mon cou et lâche des râles d'extase. Tout son sexe vivant comme une partie indépendante du reste, nous sommes témoins de son orgasme. C'est si fort, si puissant, c'est un voyage, on touche les astres en cet instant. Que ce fut bon d’être celle qui lui fit parvenir et récolter son plaisir coulant sur mes doigts.


images trouvées sur le net






dimanche 19 avril 2015

Week-end à Liège

D'abord je vous raconte un peu mon retour

Quand Tonio m'a déposée à la gare, j'étais encore dans un état d'excitation inadmissible avec l'impression d'être la femme la plus dépravée de la terre et que tout le monde pouvait le voir. Je suis allée changer mon billet pour celui de midi. La dame au guichet était adorable. En allant à l'enregistrement, le guichetier me demande ma carte bleue et son code, je commence à fouiller dans mon sac en disant "Oui bien sur..." et il éclate de rire "Mais non! il ne faut pas donner votre code de carte bleue voyons!" Je me sens vraiment blonde sur le coup, les belges diraient surement "Pardonnez lui, c'est une française". Je repars avec un papier à remplir pour mettre sur mon sac mais après avoir longuement fouillé dedans en retournant toutes mes affaires plusieurs fois. Je m'aperçoit que je n'ai pas de stylo. Je retourne donc au guichet pour en demander un au blagueur, je commence ma phrase par « Excusez moi, je peux vous demandez quelque chose? » et lui qui me répond « Vous pouvez me demandez tout ce que vous voulez mademoiselle » ho! Mes yeux plongent dans les siens...j'ai mis une seconde avant de lui dire que c'était un stylo que je cherchais. Je pense que mon regard m'a trahi, comme trop souvent, car il était en train de me regarder comme s'il lisait le désir en moi. J'ai rempli rapidement le document, lui ai rendu le stylo et me suis sauvée avant de rater le départ.
Le voyage en car fut vraiment agréable, j'ai rêvassé en souriant jusqu'à m'endormir. En arrivant, je monte dans un bus qui m’emmène jusqu'à chez moi et l'homme qui est assis en face de moi entame la conversation. C'est un asiatique d'âge mur, le visage doux et les yeux rieurs.
« Vous étudiante? Non? »
je lui répond gentiment « Non, mère de famille... »
« ...Vous pas étudier chinois? »
« Non, pas étudier chinois »
« Il fait beau aujourd'hui, froid mais beau »
« Oui c'est agréable » je lui souris timidement
« Bus aller à mairie Montreuil? »
Je me mets à regarder dans le bus si le plan indique la station. « Oui je crois bien »
« Moi aller à brocante faire business, France pas bon business magasin, déjà internet, vous venir avec moi à brocante? »
« Non, je rentre chez moi, j'ai un mari »
« ha... » il souris toujours.
« Vous faire quoi dans la vie? »
« Éducatrice, avec les bébés. »
« Comme institutrice, beaucoup vacances » dit il en plaisantant.
« Oui » dis-je simplement pour ne pas entrer dans une conversation trop fouillée.
Cependant, je ne cesse pas de regarder ses mains en me demandant s'il sait s'en servir pour donner du plaisir...j'ai chaud. Je me surprend à repenser à ce film avec une fille attachée au Japon, à cet autre film que j'adore avec la très jeune Jane March : « L'amant ». Je le regarde en pensant que je n'ai jamais eu de conquête de cette origine, quel dommage finalement. Le voyage me semble interminable, heureusement que j'arrive là ou je dois descendre. « Au revoir » « Au revoir ». Mes hormones sont elles si volatiles que ça?


Jane March et Tony Leung Ka-Fai
"L'Amant" film de Jean-Jacques Annaud adaptation du roman de Marguerite Duras




















un départ inévitable.


Tonio et moi parlons déjà depuis quelques mois, une relation qui comporte plusieurs volets :
Celui du désir réciproque en premier lieu et celui d'un échange humain qui tend à rester du coté de la raison. Plusieurs périodes de silence n'auront pas suffi à rompre le dialogue et à cesser de faire grandir l'espoir d'une rencontre. Ma volonté de rester fidèle à fini par voler en éclats alors que j'étais d'autre part en train d'essayer de m'engager a être rassurante. Comment justifier un tel comportement autrement qu'en disant c'est de la folie? Oui, peu être...Pour moi, cela s'appelle la passion, c'est comme cela que je retrouve l'envie de vivre. Non pas par rapport à mon couple mais simplement par rapport à moi même. Couper un instant dans ma vie ordinaire pour réaliser tout ce que la vie a de plus beau à donner. La passion pour moi c'est quelque chose de vital. Si il faut passer pour folle alors tant pis, tant mieux, je m'en fous, je dois vivre.

Tonio se positionne assez clairement en tenant un discours cohérent qui va dans le sens de réparer mon union, il pense que je prend de gros risques même s'il a envie de me voir. Il fait preuve de volonté pour tenter de mettre un terme à mon élan en arrêtant le dialogue. Mais après quelques minutes, je suis prête à tout lâcher juste pour partir le rejoindre, un truc plus fort que moi qui ressemble à de l'amour. J'ai le cœur déchiré mais je ne peux pas lutter contre moi même. Ma décision est prise et c'est maintenant que tout se joue.
L'impulsion est trop grande pour être réprimée, dès que je sens qu'il a envie de me voir, je creuse un peu plus pour le persuader que je sais ce que je fais; rien n'a plus d'importance à cet instant que de rendre le départ possible. Et d'ailleurs sans trop de peine le départ se trouve a porté de main, l'envie est plus grande que tout. Je me jette dans le vide en présentant un petit papier à Alexis lui annonçant le départ le lendemain. Je voudrais tellement partir sur-le-champs pour ne pas à voir sa réaction. La nuit touche à sa fin, dans la baignoire, je me mets à rêvasser, le bonheur commence à m'envahir doucement.. je prends quelques affaires assez ordinaires et me prépare à partir.

Enfin l'heure. Je quitte la maison déterminée. Dehors le ciel est bleu indigo, tout propre, le froid sec de février me vivifie les joues. Mes pieds avancent tout seuls, j'ai arrêté de réfléchir. Après une nuit blanche à fumer comme j'ai fait, ça paraît assez normal mais c'est que ça m'arrive assez rarement pour être notable. Le temps file vite et mon bus traîne, je commence à avoir peur de rater le car. J'arrive à l'enregistrement à l'heure du départ et c'est en courant que finalement j'arrive à entrer dans le car pour la Belgique, soulagée. Le chauffeur annonce le départ, démarre son véhicule et nous partons. Sans lutter mes yeux se ferment sur le paysage qui défile et je plonge dans un sommeil sans rêve.

 Vers 12h30 je me réveille en sursaut, complètement déboussolée. Je regarde autour de moi pour comprendre où je suis et au bout d'un instant je réalise que je l'ai fait, je suis partie. Je pense à Alexis que j'ai laissé. Je regarde mon téléphone et trouve un message. C'est Faustine, une fille rencontrée sur le site de libertinage avec qui je suis sortie en club en décembre. Elle me dit qu'elle est désolée d'apprendre notre rupture. Je comprend alors que c'est Alexis qui a écrit quelque chose de public à ce sujet. Je lui écris un message pour comprendre, lui demandant si sa décision est prise et disant que j'aurai préféré en parler avec lui avant de l'apprendre de cette manière. Il me renvoie un message énigmatique « ne nous précipitons pas ».
Je reste dans l'attente d'être rassurée de ce coté et de l'autre je pense à la rencontre imminente. J'envoie un message à Tonio pour lui dire que j'arrive bientôt, il est sur la route également.


Sans trop de retard, le car arrive à Bruxelles. Je descends en regrettant amèrement de ne pas avoir pris une tenue plus à mon avantage. Tant pis, j'ai misé sur la sincérité, j'ai fait le choix de me montrer telle que je suis, en espérant que cela suffirait mais au fond de moi j'ai affreusement peur de ne pas lui plaire. En descendant du car, je regarde aux alentours, un jeune homme à quelques mettre me regarde et avance doucement vers moi, ça ne peut être que lui; J'avance indécise avant de le reconnaître tout à fait. Je ne me sent vraiment pas convaincante, son regard ne laisse rien transparaitre, il me dit « ça va? » en pose une bise sur ma joue. « Oui le voyage était rapide » « tu as faim? » « j'ai mangé un petit sandwich dans le car, ça va pour l'instant merci ».
Il me montre sa voiture, un modèle actuel plutôt sport, rouge et blanche et m'ouvre la porte coté passager. Il m'annonce que nous aurons un peu de route jusqu'à Liège, la ville où il habite. Il commence à programmer son GPS en allumant une cigarette. J'en allume une aussi. Nous sommes visiblement contents de nous voir même si Tonio semble impénétrable. 

Alors qu'il conduit en pestant sur les autres automobilistes, la conversation s'amorce naturellement, nos regards se rencontrent enfin quand il pose la main sur ma cuisse et que cela fait pétiller mon désir. Je prend sa main dans la mienne pour l'observer de plus prés, sa peau est douce. « Ses mains vont-elles me donner du plaisir? » C'est la question que je me pose chaque fois que j'observe des mains d'hommes. J'ai l'impression d'en apprendre beaucoup sur la personne mais cela n'a aucun fondement, c'est juste un « feeling » qui passe ou pas. Je sens qu'il se demande ce que je fais et ça me plaît de l'intriguer. Je le scrute avec plus d'insistance. « Que va-t-elle faire? » J'aurais dû prendre le bout de son doigts dans ma bouche pour le goûter mais j'y ai juste posé un baiser chaste avant de reposer sa main sur ma jambe.


Nous parlons comme des amis peuvent le faire, en nous confiant nos vies. Je n'ai pas besoin d'être une autre mais quelque chose semble se confirmer dans ce qu'il me dit. Il n'envisage rien de sérieux avec moi et préfère me savoir avec Alexis. J'ai hâte d'être arrivée pour l'appeler d'ailleurs. J'ai peur d'être seule à mon retour, ma famille me manque affreusement, je regrette presque d'avoir pris le risque. Heureusement, Tonio parvient à me distraire et à dissiper mes inquiétudes en me souriant. Une fois arrivé, il me propose d'aller manger au Quick en me demandant : « Vous connaissez le Quick en France? » Quel exotisme! Tout cela me fait rire...
« Je vais commander pour nous » super! je n'ai plus besoin de réfléchir, je me laisse guider, c'est bon.
Il m'explique que les frites à la mayonnaise, c'est une spécialité belge, je lui souris en faisant mine de ne rien savoir.

En prenant mon plateau, le verre plein de soda manque de tomber à la renverse sur le carrelage mais c'est sans compter sur mes réflexes ultra-rapides car de mon autre main je parviens à le rattraper de justesse. J'espère avoir d'autres occasions de lui montrer mon habileté, il a l'air surpris et fait remarquer la tête du serveur qui se voyait déjà devoir nettoyer le sol. La réactivité, c'est vital et Tonio en sait quelque chose, lui qui travaille à sauver des vies.

Nous allons nous installer à table, je tente comme je peux de tenir un sandwich qui mesure au moins quinze centimètres et j'en met partout à chaque bouchée. Pour le raffinement on repassera plus tard. Il m'explique alors qu'il n'a pas réussi à avoir la chambre qu'il voulait pour nous. La veille il m'avait montrer des photos sur le site de l'hôtel avec une chambre pleine de miroirs mais elle ne serra libre qu'à vingts deux heures. Il continue en me montrant par la fenêtre un hôtel derrière lui, c'est dans celui là qu'il va essayer de réserver. Je suis dubitative et le laisse poursuivre. Il appelle l'hôtel mais celui ci est complet aussi. Finalement c'est à un de ses amis qu'il appelle « Négro » qu'il demandera une chambre avec un prix dans un hôtel cinq étoiles. C'est au delà de tout ce que je pouvais penser mais malgré mon enthousiasme je reste simplement sans voix.

Je ne l'ai pas vu avaler son menu que je suis déjà en train de caler à la moitié du sandwich. Il me confie qu'il lui est impossible de me sauter dessus à cet instant, intérieurement je me met à penser que cela va finir par arriver et j'en brûle d'impatience. Nous passons aux toilettes avant de partir du « restaurant », devant la glace je me lave les dents et n'ose affronter plus longtemps mon reflet, j'ai besoin de parler à Alexis. En sortant, Tonio ressent mon malaise et me demande si ça va. Je lui explique en fumant une cigarette et il comprend. Rien ne semble plus simple que de communiquer avec lui, il y a quelque chose de profondément rassurant dans sa façon d'être. De retour dans la voiture il me dit « bon alors, je t'annonce le programme? » je suis curieuse, emballée, impatiente.« Nous allons faire du shopping dans un centre commercial pas loin d'ici, comme ça j’appellerai mon Négro en même temps." C'est parti!


Je me sens par moments étrangement tranquille, hormis le fait que je pense à ma famille et que je ne peux m'empêcher d'envoyer des messages désespérés à Alexis. Je ne sais pas où on va et j'ai du mal à m'orienter sur la direction à prendre, Tonio se rapproche progressivement de moi en me tenant par la taille et en tenant ma main. Nos regards sont plein de complicité, il sent que je suis partante pour entrer dans son jeu. Que c'est bon d'être ailleurs, hors de ma propre vie au bras de cet inconnu familier. J'oublie tout. Je vis l'instant en le savourant. Il entre dans une boutique de vêtements pour femmes, salue la vendeuse qu'il semble connaître et avance directement vers le fond du magasin. Il me montre un rayon avec des tenues noires et blanches et me dit : «  Je voudrais que tu choisisses une robe .» 

J'écarquille les yeux, je crois rêver ou halluciner. Je ravale vite l'effet de surprise pour faire ce qu'on me demande, je regarde les robes, la première à droite me semble bien, les autres ne me disent rien. Il me demande si je suis sûre, alors je regarde encore les autres robes mais mon choix est fait, c'est la première. Je vais la passer dans une cabine d'essayage pendant qu'il plaisante familièrement avec la vendeuse. Il parle de la musique en ne se gênant pas pour dire qu'il trouve dommage qu'elle soit si nulle. La vendeuse confuse tente de se justifier en disant que ce n'est pas son choix mais celui de la direction. « je dois engueuler votre chef alors » La vendeuse se retrouve maintenant prise en faute d'avoir critiquer son chef...gênée... tout cela me fait rire, je vois ses techniques de manipulation avec beaucoup de recul et parviens même à le trouver brillant.




 Je ressort avec la robe, il me faut des chaussures, celles que Tonio m'a tendues sont trop grandes. En me voyant dans le miroir l'image est floue, juste mes jambes abimées semblent impossibles à ne pas remarquer. Elle me va, on la prend. Direction ensuite une boutique de chaussures, après quelques obstacles je finis par trouver la paire qu'il me faut. Nous prenons la direction l'hôtel. Je frétille d'impatience. J'aurais pensé qu'il aurait profité des cabines d'essayage pour passer me voir, mais non. 

 Une fois la voiture garée, Tonio se souvient alors qu'il a oublié les préservatifs dans la voiture, je lui dit que j'en ai quatre dans mon sac, cela devrait être suffisant jusqu'à ce que l'on ressorte « souper ». L'hôtel est situé dans une ancienne bâtisse qui fût autrefois un château, mêlant à la fois design actuel et architecture d'origine. Nous passons nous enregistrer à l'accueil pour avoir la carte de notre chambre. Au guichet, la jeune femme se laisse charmer également par mon accompagnateur qui très vite parvient à la faire rougir et sourire. Je commence à penser qu'il ne laisse passer aucune occasion de prouver l'efficacité de son charme, ou bien est ce juste pour tester ma réaction? Je le prends comme le signe d'un besoin d'être rassuré et trouve cela plutôt touchant. Nous traversons l'espace bar et salle de restaurant par le couloir de droite avant de prendre l'ascenseur pour descendre six étages plus bas. Nous cherchons la chambre 610. Elle est la dernière au fond du couloir. Antonio repère aussitôt les extincteurs et les dispositifs anti-feu.



A l'intérieur, nous découvrons la chambre. De la moquette moelleuse, une salle de bain avec baignoire, un grand lit haut et confortable. Tonio regarde un peu partout dans les placards, et moi, à peine arrivée dans cet endroit où tout est élégant, je ne résiste plus à envie de changer de tenue. Dans la salle de bain, j'enfile la nouvelle robe et les escarpins noirs qu'il m'a offerts, je me regarde dans le miroir et en tournant la tête je le vois me regarder subrepticement. La robe fait son effet. Simple et efficace.

Je retourne dans la chambre juchée sur mes tallons, il me regarde avancer vers lui en souriant malicieusement. J'avance un peu plus prés et m'arrête devant le lit où je prend appui pour me stabiliser. Je le regarde me regarder, il me déshabille des yeux et m'enflamme. Il s'est approché de moi lentement sans me quitter des yeux et une fois tout prés il me fit remarquer comme notre taille était adéquat pour s'embrasser. Comment les gestes se sont succédé? je ne saurais le raconter. C'était juste bien, chaleureux et tendre, comme avec quelqu'un que l'on retrouve, simplement naturel sans avoir besoin de se chercher.


Nous avons fait l'amour une première fois, sans attendre, sur le lit. C'était bon, nous en avions envie depuis si longtemps. En reprenant ses esprits, pendant que nous fumions à la fenêtre il a répété encore quelques fois qu'il n'en revenait pas que je sois venue. Nous étions proches et plein d'affection à certains moments, à d'autres nous étions comme deux amis en train de se faire des confidences et plaisanter. Je crois que c'est à ce moment là que j'ai pensé à lui montrer le jeu de tarots de Marseille que j'ai illustré. Je lui ai fait un tirage de cartes. Puis nous avons poursuivi les câlins sur le sofa rouge sur lequel Tonio avait pris place. Je me suis installée sur lui à califourchon à l'envers, lui laissant tout le loisir de voir mon dos et mes fesses. J'avais tellement envie de lui que je ne pouvais rien faire d'autre que me tortiller sur lui pour le sentir durcir. Nous déballons ensemble, non sans empressement la deuxième capote et je l'aide à l'enfiler. A nouveau, comme si je l'avais attendu impatiemment, je le sens entrer en moi avec une forme de soulagement intérieur. Il me rempli si bien, il est en train de faire l'amour avec moi, plus rien n'existe à part cette sensation de bien être. Ensemble nous sentons le plaisir monter et nous devons nous interrompre plusieurs fois pour reprendre notre souffle et faire durer l'instant.

Tonio m'a penchée en arrière pour m'allonger sur son torse mais cette position la tête renversée dans le vide, ne me met pas assez à l'aise pour lâcher prise et bouger comme je veux. Il m'a emmenée alors pour me pencher sur la table, je me cambre et me tend à sa rencontre pour qu'il me remplisse à nouveau. Il sait tenir mon corps pour que je me sente une femme, il promène ses mains sur mes seins pour les faire durcir et m'entendre soupirer plus fort; il glisse en moi jusqu'à me remplir entièrement pour m'extirper un gémissement, je tord mes cheveux dans mes mains et entend mon souffle saccadé. Je suis juste à l'écoute de ce que mon corps ressent, il pourrait me faire mal s'il poussait trop loin mais il est juste là où il faut pour que ce soit parfait, il enveloppe mon bassin pour me tenir plus prés, ses mains entre mes cuisses, son corps collé si prés du mien... Je m'abandonne au plaisir. Puis Antonio m'a guidée jusqu'au lit. Assise face à lui, je suis de nouveau plongé dans son regard qui me consume. Il retire le préservatif qui le gênait et s'approche de ma bouche doucement. Il reste devant moi pour que je fasse le dernier pas dans sa direction, je suis sous le charme, j'ai tellement envie qu'il jouisse dans ma bouche... Ses doigts dans mes cheveux et ma nuque m'électrisent et provoquent une cambrure spontanée comme les chats peuvent le faire. Encore excitée, je gémis comme si j'étais proche de l'orgasme et c'est le sien qui d'un coup rend son diamètre plus large encore sous les pulsations de son plaisir qui se déverse en moi, au fond de ma gorge. Je l'avale sans réfléchir.
Après m'être rafraîchie, je le rejoins sur le lit, et aussitôt il ouvre les bras pour me câliner. Nous restons un instant comme cela, sans dire un mot, juste ma main qui dans un mouvement lancinant se balade sur son torse. Notre conversation a bien vite repris son rythme de croisière, il me fait rire et lui aussi à l'air enjoué de celui qui passe un bon moment.

N'ayant pas vu l'heure filer, nous constatons qu'il est temps de souper et décidons de ne pas ressortir de l'hôtel. Le room-service nous fera monter nos plats. Tonio remarque, alors que nous avons déjà fumé plusieurs fois, un petit écriteau disant que la chambre est non fumeur et que l'amende est très salée. Nous demandons alors au room-service où se trouve l’espace prévu à cet effet. Celui-ci se trouve à plusieurs couloirs et deux ascenseurs tout prés de l'entrée finalement, dans une sorte de cave ventilée faite de voûtes de briques. Nous nous y rendons plusieurs fois au cours de la soirée et lors de notre dernier passage nous y faisons la connaissance d'un employé de l'hôtel venu lui aussi fumer une cigarette. La conversation tourne autour de sujets d'actualité tels que les amalgames, la religion, l'intégration dans une nouvelle culture, et chacun y va de son témoignage à propos de sa famille, ses origines. C'est le genre de conversation spontanément sympathique qui me donne envie de sortir plus souvent de mon quotidien pour aller à la rencontre du monde.

Le repas tarde à venir, au bout d'une bonne heure d'attente Tonio rappel le room-service et annule le plat qu'il a pris pour lui m'expliquant qu'après avoir attendu trop longtemps, il n'a plus faim. Le garçon d'étage arrive peu de temps après, se confond en excuse et pose un magnifique plateau sur la table. Il y a finalement deux plats et celui de Tonio n'est pas compté sur la note. Il s'assoit en face de moi et fait semblant de participer au repas en goutant un peu. Il a commandé pour nous une spécialité de la région : des boulets sauce chasseur, ou sauce lapin. C'est délicieux. Les grosses frites de pommes de terre sont faites maison, elles sont chaudes et croustillantes, je me régale. Une petite salade frisée accompagne le tout.

Une fois rassasiée, je prends mon téléphone pour appeler Alexis, à la maison tout ce passe bien, je le rassure concernant le comportement de Tonio envers moi et tout semble à nouveau apaisé entre nous. C'est un peu déroutant mais je prends ça pour acquis, pour me tranquilliser et profiter au mieux de la nuit qui s'annonce déjà envoutante.

Il s'est remis à fouiller dans les placards pour y trouver un peignoir et tout content de sa trouvaille, il l'enfile comme si c'était le sien et me propose de prendre un bain. Je le suis dans la salle de bain et le regarde s'occuper de faire couler de l'eau à bonne température et mettre un peu de shampoing pour faire de la mousse. Il retire son peignoir et se glisse dans l'eau tout naturellement. Je me déshabille à mon tour et entre à mon tour, sans quitter mon sourire béat, là où je trouve un peu de place pour mettre mes jambes. Face à lui, je m'allonge sur son torse. C'est un délice. L'eau tiède, sa peau douce, le bruit des clapotis. L'instant est amical, tendre et plein de simplicité. Je me laisse porter par sa voix.


Nous retournons, aussitôt séchés, nous mettre dans le lit d'où nous ne sortirons qu'au petit matin.
Après avoir ôter son peignoir et s’être glissé sous les draps, il se rapproche suavement et m'embrasse. Nos corps nus s’enthousiasment de se retrouver à nouveau en contact l'un contre l'autre. Je lui dit alors de ne pas oublier de se protéger, j'ai horriblement peur des maladies pour tout dire. Mais il a mieux à faire, il me sourit d'un air qui veux dire « ne t’inquiètes pas » et le voilà qui se faufile sous les couvertures. Quand je comprends qu'il se place entre mes jambes, j'ai la respiration en suspend, j'attends qu'il se pose. Il n'y va pas tout de suite, il joue d'abord sur mes cuisses puis il se rapproche et m'embrasse enfin. Ses lèvres se posent sur les miennes, sa bouche est tendre, délicate, il fait exactement ce qu'il faut pour me rendre folle, je me tortille en contenant tout de même mes mouvements mais tout mon corps lui dit qu'il faut absolument entrer, ne serait ce qu'un petit peu. Mon corps serre dans le vide est c'est presque douloureux de l'attendre. Je grogne sous ses passages légers, mes fesses décollées du lit ne tiennent plus en place. Enfin, je sens glisser son doigt et ce glissement chaud et humide, c'est inouïe. Sentir ses doigts me remplir, c'est d'une volupté sans pareil. Je suis au point d'excitation culminant, celui où j'ai envie de lui en moi. La peau douce de son sexe tiède m'effleure les cuisses, il est dressé vers moi, mes mains veulent le guider à l’intérieur mais il faut mettre une capote, un bon prétexte pour revenir un peu me remplir la bouche. Je m’interromps quand je le sens plus large que ce que ma main ne peut encercler et je me recule pour le laisser venir vers moi. Il s'allonge au dessus de mon corps et s'introduit en me regardant, il y va tout doucement et me montrant comme il savoure. « J'adore » me chuchote t' il dans l'oreille. Il glisse complètement, mon corps n'en pouvait plus d'attendre, à chaque butée je sens les vagues se rapprocher, devenir plus fortes et quand ma voix s'emporte, il part lui aussi mais sans moi. Je ne sais pourquoi quelque chose s'est retenu d'aller avec lui... N'y aurait-il une sorte de fidélité à la jouissance? N'y aurait-il que celui que j'aime qui sache me faire jouir jusqu'au bout?

De nouveau blottie dans ses bras, après qu'il se soit donné de la peine un moment à tenter de me satisfaire, il me confie être déçu de ne pas y être parvenu. Sans déception pour ma part, aussi surprenant que cela puisse paraître, j'ai pris énormément de plaisir à le faire jouir quatre fois dans la soirée. C'était pour moi une grande fierté qui allégeait beaucoup le regret de ne pas être parvenue au lâcher prise nécessaire à ma jouissance. Au réveil je ne sût résister à la tentation d'une cinquième fois, et quoi de plus agréable que ce soit pour se dire bonjour ou même au-revoir, que la caresse de ma langue chaude sur son gland au réveil car après cela, il y aura le retour. Et après quelques temps, la distance, l'éloignement et l'oubli? J'espère que non. Par prudence peut être, pour rester sage comme il l'avait décidé, il a préféré prendre ses distances. J'ai toujours beaucoup de peine à perdre contact avec mes amants, j'aurai aimé pouvoir rester amis avec chacun d'eux mais ainsi va la vie. Je ne l'ai peut être pas rassurer suffisamment? C'est toujours frustrant de ne pas réussir à faire jouir une conquête, c'est parfois le signe d'une incompatibilité, tout du moins sur ce terrain là... Pourtant je sais qu'il ne manquait pas grand chose pour que je me lâche. Mais j'avais le sentiment qu'il ne voulait pas de moi ni de cet amour... ni même rester mon amant car j'avais une famille, une vie loin de lui. Je ne pouvais pas lui appartenir plus que ce court instant, même avec toute la bonne volonté dont je peux faire preuve.