dimanche 28 juin 2015

cordes

Photographe : Patrice Rosset  (pour voir son travail ou le contacter c'est ici  http://meepat.deviantart.com/
 https://www.facebook.com/patricemeepatrosset)
Modèle et post traitement : Anouchka
Thème : cordes et nœuds

De vrais débutants, nous ne connaissons presque rien à l'art du nouage que nous tentons de découvrir.
En attendant d’être plus experts, nous voulions surtout faire de belles images sur ce thème sans chercher excellence du nouage cette séance ci.








mercredi 24 juin 2015

Le journal d'Anouchka: Séance Photo en studio sur le theme "Body-Painting U.V."

Le journal d'Anouchka: Séance Photo en studio sur le theme "Body-Painting U.V."

Iris.



Iris était une amie, une connaissance, une fréquentation, quelqu'un qui a fait partie de mon entourage à une époque. On s'est rencontrées lors d'un concours d'entrée dans une école d'art, le courant est tout de suite passé entre nous. Nous avions 16 ans, on partageait la même adrénaline lors de nos escapades de petites voleuses de vêtements dans des boutiques de prêt-à-porter. On se racontait nos aventures amoureuses et d'autres moins sentimentales.
Nous avions le même goût de l'audace, de la provocation, on faisait une belle paire.
Elle, un peu plus grande et plus ronde que moi avait une chevelure rousse naturelle et magnifique qui lui donnait un charme fou. Le temps nous a mis sur des routes différentes, elle intégrant l'école d'art et moi non.

Bien des années plus tard, les nouvelles technologies permettant de retrouver des amis perdus, nous avons repris contact avec toujours autant d'enthousiasme. Comme si nous nous étions quittées la veille, la complicité était toujours là. Elle était devenue artisan du verre et possédait son propre atelier dans Paris, je fabriquais des bijoux et rêvais d'une entreprise de sex-toys. Toutes deux nous nous sommes mises à réfléchir au projet: réaliser des sculptures, des objets de plaisir d'une finition soignée. Je façonnais des prototypes en argile et elle se chargeait de les réaliser en pâte de verre. Le modelage même des sculptures était très stimulant, le contact de l'argile glissante sous les mains qui se promenaient à loisir sur des formes équivoques, la réflexion autour de ce que qu'on souhaite sentir en nous, les reliefs, l'angle d'attaque, la prise en main...le coté technique n'en était pas moins inspirant. La confection des ustensiles me rendait très impatiente, l'envie de les utiliser me nourrissait de désir, une ambiance très chaude s'installait dans l'atelier.

Un soir, nous étions chez moi, nous avions bu, fumé, parlé et ri toute la nuit...
Au petit matin, après lui avoir raconté mes expériences avec des femmes et elle ses péripéties de « professionnelle à ses heures perdues », nous étions pleines de désir, gorgées de chaleur, prêtes à s'ouvrir comme des fleurs. Cette nuit là nous avons fait l'amour. C'était beau, intense, magique... Son corps divin était ferme et bien proportionné, ses fesses bien rondes et douces donnaient envie de s'y enfoncer avec délice. Ses seins souples, généreux, étaient les plus beaux que je puisse voir jusque là. Les tétons orangés, dressés, serrés appelaient à être pincés ou mordillés...personne n'aurait pu les voir sans les convoiter. Son odeur enivrante me rendait folle, j'avais l'impression de flotter tel un navire perdu dans ses cheveux. Ses mots crus, son sourire plein de perversion la rendait impressionnante et je me laissait aller sous ses mains expertes. Quelle belle nuit nous avions passée, enlacées l'une dans l'autre. Pour ma part, les expériences avec les filles ne prenaient pas de tournures sentimentales. Cela prenait la forme d' amitiés complices additionnées de plaisirs charnels. Pour Iris, je ne sait pas ce qui se jouait, la tournure que les choses prenaient n'était peu être pas assez chargée de sentiments amoureux. Par la suite elle m'en a voulu, j'ai longtemps regretté ma maladresse.... Mais j'en aimais un autre, un homme, celui que j'avais perdu et souhaitait secrètement reconquérir...

C'était un après midi de printemps, un soir en avril je crois. Paris était pareil à lui même. J'avais mis une robe noir à petits pois blancs, une robe qui me donnait l'allure d'une Italienne sortie d'un film de Fellini. Mes pieds chaussés d'escarpins rouges claquaient chacun de mes pas dans le grand hall de la gare de Lyon. Cet endroit, qui me rappelle tant de départs vers le sud, à un certain goût d'évasion. Le passage incessant de tout les voyageurs pressés ou hagards le rend intemporel et impersonnel, puisqu'il est à tout le monde. Je m'y sens légère aux bras de mon amie, fière de me tenir par la taille lorsqu'un homme se retourne sur mon passage « Elle est belle hein?! » lance-t-elle à celui qui, sans répartie, n'a plus qu'à baisser les yeux. 

 

Tandis que nous cherchons un endroit où manger un morceau, le ciel dehors commence à se couvrir. Un de ses premiers orages de printemps qui assombrit le ciel tout d'un coup et par là même fait tomber la nuit. Iris et moi sommes pleines d'euphorie à cet instant. Pénétrant dans un restaurant désert, on trouve un beau piano à queue noir laqué dans l'arrière salle. Elle s'y installe pour jouer tandis que j'entreprends de m'allonger sur le couvercle fermé afin de mieux sentir les notes résonner dans mon ventre. Elle sent mon excitation monter et joue de plus belle, plus fort à mesure que je me tortille et frotte mes jambes l'une contre l'autre...et si quelqu'un nous voyait? On s'en fiche, nous sommes folles, libres, ivres de notre audace, on a la moitié de notre age.

Dehors des éclairs transpercent le ciel tel le flash d'un photographe voyeur, le tonnerre gronde et fait vibrer tout mon corps déjà palpitant. La foudre va-t-elle tomber sur nous ce soir? Pour ajouter comme un peu plus de danger, voilà que mon téléphone se met à vibrer : c'est un message de celui que j'aime, il s'est souvenu de l'état dans lequel les orages peuvent me mettre et s'enquiert de savoir ce que provoque celui ci. Je lui réponds que depuis la baie vitrée on voit qu'il pleut des trombes d'eau, une rivière s'est formée dans le caniveau, et moi je ruisselle aussi mais d'une autre manière. S'ensuit une série de messages où il me dit m'imaginant en train de me faire prendre par derrière par un inconnu sous un abri-bus. Il connait mon penchant pour les lieux publics. Il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres, son imagination et la présence de mon amie, tout cela se met à fuser dans mon esprit. Ça y 'est! C'est trop tard...il me faut le rejoindre au plus vite.

Mon amie se sentant délaissée, je lui propose de venir, en lui expliquant qu'étant séparés cela ne sera rien d'autre qu'une bonne partie de rigolade entre adultes consentants. Elle ne semble pas séduite par la rencontre, mais je fais preuve de tellement d'obstination que j'arrive à la convaincre de venir, juste en tant qu'observatrice. D'un coup les choses deviennent plus concrètes et je sens de la nervosité de toute part, j'essaye de dissimuler la mienne en pressant le pas. Dans le métro qui nous emmène en banlieue est de Paris, les regards sont insistants, sans équivoque, et nous trempées par la pluie en petite robe ne ferions pas le poids en cas d'agression; Pourtant, l'excitation qui nous porte est tellement palpable qu'aucun d'eux ne trouve le courage de nous aborder. Le seul qui s'y risque se retrouve vite pris pour un idiot et dépossédé de son joint que je termine à sa barbe. Ce soir rien ne m'arrête, je suis une conquérante. Enfin dehors, la nuit déjà bien entamée, il fait froid mais cela me remet les idées en place, j'appréhende moi aussi : et s'ils ne s'entendaient pas? Nous entamons la côte bien raide qui monte jusqu'à sa tour. En haut de la colline, des pompiers nous barrent le passage car une maison s'est effondrée. Il nous faut contourner. La foudre est bel et bien tombée ce soir...


Après presque une heure de route, laissant tout le temps à l'hésitation de s'installer, je tente tant bien que mal de rassurer celle qui n'accompagne et qui n'a pourtant, pas souvent froid aux yeux. Nous y sommes, l'ascenseur nous isole au vingt-neuvième étage au-dessus du sol. Il ouvre la porte torse nu, avec un bonsoir caché dans son sourire, il s'incline pour saluer à la manière des asiatiques. J'ai du mal à reconnaître son appartement qui d'habitude n'est pas aussi feutré. Là, planent les volutes de l'encens, la musique y est discrète et raffinée, les lumières voilées de rouge. Le lit nous attend comme un trône au milieu de la pièce et sous la fenêtre une banquette moelleuse confectionnée à l'attention spéciale de ma ravissante Iris. La conversation est vite engagée, ils parlent de thé, du japon...Iris est agréablement surprise par ses connaissances en matière de culture du thé, c'est rare. Je commence à la sentir presque admirative mais bien que toujours sur la défensive ce qui rend son phrasé un peu agressif. Je tente de dévier le sujet: ... Japon ... bondage ... corde. On est là pour jouer après tout.

Pour illustrer nos propos, nous voilà en train de visionner un film très instructif qui me met dans l'ambiance. Les scènes se passent dans une demeure du style le plus traditionnel qu'il soit au Japon. Une jeune femme qui pourrait bien être la petite domestique de la maison, se fait tendrement et consciencieusement ligoter de différentes manières par un homme manifestent plus âgé à la barbe frisée et grisonnante rassemblée en une petite tresse sous son menton. Les gestes sont lents, précis, silencieux. On entend le feulement de la soie du kimono tombant sur le tatamis. Les cordes sont placées de manières méthodique. Il passe sous son bras sans trop serrer mais un peu tout de même pour imprimer la marque de la corde, elle se retrouve petit à petit totalement privée de mouvement et parfois suspendue. Quand son travail est achevé, l'homme se contente de la contempler, ou tout juste lui donner une petite claque sur la cuisse ou sur les fesses là où la peau est tendue et découverte entre les lignes de cordes enroulées. Elle est clairement excitée par la situation à la manière dont elle regarde son maître agir avec patience, le serrage des cordes semble lui transmettre des vagues de plaisir qui lui font basculer la tête dans un soupir.

Moi aussi je veux être attachée, Iris trouve les cordes sorties pour l'occasion et entreprend tranquillement de m'immobiliser les jambes que je ne cessais de frotter l'une contre l'autre depuis le début du film. Elle s'empare de ma cuisse avec fermeté et passe à l'intérieur son avant bras pour y ressortir de l'autre coté le morceau de corde, m'habillant ainsi de mi cuisse jusqu'aux genoux, la corde rouge est bien serrée, mes jambes soudées l'une à l'autre comme la queue d'une sirène. Sa peau parsemée de petites tâches de rousseur me frôle à chaque entrelacs, ses cheveux chatouillent mes épaules lorsqu'elle entreprend de m'asseoir pour me lier les mains derrière le dos, sa voix était grave profonde lorsqu'elle me livra aux mains de Frederick. Celui-ci faisait mine de se concentrer sur les aimants de forme oblongue qu'il manipulait tout en souriant, mais il ne perdait pas une miette du spectacle j'en suis sûre. Ces aimants provenaient d'un jeu qui n'a aucun rapport avec le nôtre, mais bien souvent les objets qui m'inspirent sont ceux qu'il faut détourner. Ceux là sont joliment chromés, mesurant à peine un centimètre de diamètre pour quatre de longueur. 

 


Alors que je me retrouvais allongée, les mains derrière la tête, jambes relevées, Frederick joua longtemps à me rendre impatiente sous le regard d'Iris. Tout d'abord la culotte tirée d'un côté, puis de l'autre, dévoilant mon intimité encore scellée. Sous le passage de ses caresses douces comme des plumes, je commençais à briller d'un voile de nacre. Le contact froid de l'aimant sur un point qui pouvait être précis car l'instrument le permettait, me fit sursauter et contracta en moi l'envie de sentir quelque chose s'introduire. L'idée même était devenue impérieuse, l'aimant n'eut aucun mal à trouver son chemin mais Frederick se garda bien de le perdre si tôt. Il pouvait glisser à tout instant et s'échapper mais Frederick voulut voir ce que pouvaient faire deux aimants et leur champ magnétique. Le premier ayant enfin trouvé une place au chaud, la proximité immédiate du second faisait se déplacer l'objet vers la sortie. Le tintement des deux aimants réunis côte à côte nous surprend et nous fait sourire. On continue...trois quatre, les aimants se placent de manière géométrique à l'intérieur, ils ressemblent à une petite boule de quatre centimètre de diamètre que je joue à la garder à la limite. Je suis glissante et essoufflée, j'ai envie de plus. Frederick tente de placer le cinquième entre les quatre premiers ce qui les pousse un peu plus à l'intérieur. Dès lors que les aimants tintent, je les sens se placer en cylindre creux, tout ceci est follement instructif. Le sixième vient tout réorganiser et voilà que les aimant forment deux pyramides encastrées par la base. La septième trouvant une place entre les trois qui pointent leurs nez à l'entrée et petit à petit les aimants me remplissent, le volume me ravit et je commence à désirer Frederick plus que tout autre chose.

Iris, que je n'observe pas, lance qu'il me faudrait une bonne sodomie. À ce moment là, c'est vrai que cela aurait été efficace, mais peut-être douloureux. Peu être que les aimants ne seraient pas tous restés à leur place? Frederick fait la sourde oreille et finalement me délivre des seize aimants logés en moi. Je suis prête à exploser lorsqu'il s'introduit sans résistance. J'ai le souffle court, j'oublie tout. Il se saisit du morceau de corde au niveau de mes genoux et me soulève pour me replacer sur lui, glissant entre mes cuisses millimètre par millimètre. Il pose une main sur ma bouche ce qui ajoute à mon agitation. Il me semble avoir aperçu mon amie sur la banquette, la jupe retroussée, une main entre les jambes. Frederick s'est saisi de mes fesses pour me retourner sur le ventre et joue à me faire perdre la tête. Alternant les passages appuyés sur les deux orifices que je lui offre, je me demande à cet instant s'il va suivre le conseil d'Iris. Il me devient alors impossible de distinguer ce qui se passe, tout se confond. Mon entrejambe palpite tellement qu'une seule pénétration plus profonde parviendrait à tout faire basculer. Je sent que ça rentre...ici, puis là...Je suis devenue une sorte d'instrument de musique qui gémit en fonction des touches que l'on presse...

Je suis totalement ailleurs...J'attends le train, il entre en gare dans un vacarme assourdissant, le sol en tremble, j'entends la voix d'Iris qui se met à monter par paliers, elle va jouir! Rempli de toute part, mon corps se contracte, se referme autours de Frederick. Des vagues de plaisir se répandent dans un instant suspendu, fixé, que l'on voudrait sans fin. Je reprends mon souffle. Un nuage de vapeur reste embrumer le quai pour finir par se dissiper petit à petit...J'ouvre les yeux, il reste nous, hilares, confus, heureux je l'espère...

Iris a préféré rentrer chez elle car c'était déjà le petit matin, me laissant passer quelques instants enlacés de tendresse avec mon amant.



vendredi 19 juin 2015

Dark light


Photos prise à la maison par le photographe Patrick venu avec tout son matériel.
Un GRAND MERCI à lui au passage, pour voir son travail c'est ici :

https://www.facebook.com/patrick.cauwel.7

Maquillage : Anouchka
Assistant maquillage et éclairage : Frederick
Post traitement : Anouchka





















Mon expérience avec Pauline

Il y a quelques années au début de l'été, j'étais en couple- enfin...plus ou moins- je sortais avec Frederick depuis quelques semaines. J'avais gardé l'abonnement d'un site de rencontre sur lequel j'avais fait la connaissance d'une jeune gendarmette : Pauline. Une grande blonde au cheveux court, lesbienne, les yeux rieurs et un accent du sud des plus charmant. Un jour, elle décide de venir me rendre visite. Elle sait que je suis en couple quant à Frederick, il a l'air ravi de l'apprendre et sans que cela ne pose problème nous allons passé la soirée ensemble dans le parc des buttes Chaumont. L'ambiance est amicale, nous dinons tout les trois puis Alexis nous laisse rentrer toutes les deux chez moi où nous passerons la nuit ensemble. Nous avons beaucoup parlé, notre complicité déjà très présente à l'origine n'a cessé de grandir et nous nous sentions très proche à la fin de la soirée. Tant et si bien que nos corps commencèrent à se rapprocher.
Elle m'impressionnait, comme à chaque fois que je couche avec une fille d'ailleurs, elle était bien plus grande que moi et son air mutin ne laissait rien deviner des folies qu'elle comptait faire ce soir là. Je me souviens de son corps soyeux et sportif, de l'assurance de ses gestes lorsqu'elle prenait les devants. Je me souviens aussi précisément de ses yeux bleu clairs que de sa chatte épilées, je me souviens aussi, lorsque je m'affairais entre ses jambes avec application elle me dit « Tu veux vraiment me rendre folle? ». Puis lorsqu'elle me confia ensuite qu'une seule fois dans sa vie elle avait eu un orgasme qui lui fit trembler les jambes et stupéfaite encore un instant, elle se demandait comment cela était possible. Elle s'est occupée de moi longuement pour me faire monter, c'était une amante patiente et persévérante, sa langue passait et repassait doucement sur la pointe qui dardait vers le ciel, elle ne me lâchait pas des yeux, observant mes moindres réactions pour confirmer ou ajuster son geste, elle suivait le rythme de ma respiration et les vagues commencèrent à enfler et a se répandre. Les contractions de plaisir fortes et rapprochées accompagnèrent mes audibles gémissements. Elle renchéri de finesse et de précision, ne lâchant rien de sa vigueur, sa main glissante se tortille pour entrer et passant à la lisière de deux mondes, je m'envole tandis que mon corps explose en saccades.
Nous restâmes l'une sur l'autre nues en encore trempée de désir, nous câlinant. Son coté romantique la rendait plus belle encore, car de la sensibilité elle en avait pour deux sous son allure altière. Elle repartie le lendemain sans avoir vu tout les lieux que nous aurions pu visiter ensemble mais nous avions mieux à faire. C'était un « coup de foudre » amical qui perdura malgré la distance et le peu de contact.
Cette expérience marqua le début de ma relation avec Fréderick, il m'avait laisser vivre cette aventure humaine avec la plus grande bienveillance, sans se sentir menacé, et c'est peu être cela qui me surpris le plus. Admirative face à tant de tolérance, je pensais à ce qu'il adviendrait si la réciproque se présentait et très vite je chassa cette pensée effrayante de mon esprit. Encore que, si cela fut fait avec la même transparence...
Jamais je n'avais eu de partenaire qui puisse m'accepter autant et sans plus me poser de question, je le pris juste comme une énorme preuve d'amour.


lundi 1 juin 2015

des extaordinaires "presque-rien" : une rencontre dans le metro



Pas encore infidèle, mais déjà bien lassée de ma relation, je commence à lorgner sur un des passagers habituels que je croise tout les matins en allant en formation. Lui aussi a ses petites habitudes bien rodées car, comme moi, il arrive à peu prés toujours à la même heure dans le même wagon que moi. Nous nous étions déjà vus un jour où j'étais particulièrement bien mise en valeur...
Nos regards s'étaient croisés plusieurs fois déjà et en ce matin d'été encore un peu frais. Des retards sur la ligne avaient forcé les voyageurs à se tasser sur le quais et s'enfourner dans le wagon comme des brutes pour être sûrs de ne pas être en retard au travail. Coïncidence ou non, je me retrouvai tout prés de mon convoité compagnon de voyage. Nous tenions la même barre, sa main au dessus de la mienne dans la foule qui nous pressait irrémédiablement l'un contre l'autre. Ses doigts se sont aventurés sur les miens timidement. Aussitôt mon corps parcouru de frissons se met à monter en température et l'envie de fermer les yeux manifeste déjà mon appétence au plaisir. Sait-il que ses effleurements sur mes doigts me font bouillir et que je prie pour qu'il ose d'avantage? Ma main cramponnée à la barre voudrait, en dépit de la foule présente, pouvoir lui transmettre toute la passion qui m'anime en cet instant. Je me doute déjà que ce bel homme, jeune métisse en cravate, bien propre sur lui, tiraillé entre la timidité et l'audace n'osera rien de plus, à mon plus grand regret; à la station suivante l'espace se libère un peu et nous serions moins discrets. Sa main ne me cherche plus et même si en descendant du train je lui lance un regard coquin, je crains qu'il soit malheureusement effrayé rien qu'à l'idée de pouvoir me plaire.
En arrivant au centre de formation, je fais part à mes amies du déroulement de mon trajet. Toutes ou presque veulent savoir ce que je vais faire - « et alors? » Voilà que sans le savoir elles deviennent les instigatrices de toute une machination qui s'opère dans ma tête pour savoir comment faire pour aller plus loin, d'autant plus que le temps presse : en effet les dernier jours de l'année avant les grandes vacances sont tout proches. Une fois que j'ai cette idée, plus rien ne m'intéresse. Au lieu de travailler je passe l'après-midi et la soirée à rêvasser et frissonner encore en repensant à cet instant plein de délicatesse. Je me demande qui il est, j'aimerais tellement en savoir plus... quand une idée farfelue germe dans mon esprit : profitant du dernier jour de cours où nous commencions une heure plus tard, je me prépare comme à mon habitude pour ne pas semer le doute chez mon compagnon officiel et je pars à l'heure prévue pour retrouver mon beau métisse sur le quai. Un peu inquiète, je me suis habillée plus court que d'habitude, j'espère surtout qu'il sera là « comme convenu ». Il m'est arrivé, les jours précédents, de ne pas le voir - faute d'avoir pu être à l'heure ou faute de pouvoir l'attendre sur le quai plus longtemps comme il m'arrivait de le faire parfois. Mais ce jour là j'ai le temps, un heure exactement, et je compte bien en profiter pour la passer en sa présence.
Il arrive, élégant comme toujours, en costard. Il me voit, et je sens un malaise par la distance qu'il préfère garder. Pourquoi ne vient-il pas vers moi? Il a peur... ne sait-il pas qu'il me plaît? Il doit en avoir le cœur net pour être rassuré et se lancer, sans doute... toutes les questions se bousculent en même temps que les gens sur le quai. Le train rugit lentement avant d'ouvrir ses portes dans un claquement métallique. Je marche aussi, en même temps que le groupe, pour le suivre dans la même rame. Nous sommes un peu trop éloignés pour nous voir. Les stations suivantes vont, comme à son habitude, libérer des flots de voyageurs et leurs valises laissant plus de place à ceux qui poursuivent vers l'est de Paris.
Tout comme nous d'ailleurs... enfin je jubile car je me trouve assise à bonne distance pour le voir en face. Je savoure d'autant plus que je sais que ce sera la dernière fois que je le vois, car ensuite le centre de formation sera fermé et je n'aurai plus aucune raison de me lever si tôt pour m'engouffrer dans les souterrains puants de la capitale.
Il sait que je le vois et cela n'arrange pas son malaise, mais je ne peux m'empêcher de vouloir vérifier s'il me regarde aussi. Enfin il tente un regard, mais se détourne vite. Très timide. Quelle audace remarquable lui a pris le jour où il a osé me toucher la main dans la foule? Je ne saurais dire si c'est bien le même homme, mais pourtant si, sans aucun doute, nous avons pris le train ensemble presque tous les matins... Peut-être que sa femme attend un enfant et qu'il s'est promis de ne plus jouer les séducteurs? Il n'a pas d'alliance mais est ce que cela veux dire quoi que ce soit de nos jours?
La station à laquelle je descends habituellement arrive et contrairement aux autres fois je ne me rapproche pas de lui en me levant vers la sortie. Je reste assise et lui, incrédule, m'interroge du regard. Il n'aura en réponse que mon sourire amusé et mes yeux rieurs qui n'ont décidément pas envie de se détourner de lui. Il rougit. Ma respiration se fait plus ample comme si je profitais par chaque inspiration de ce que je vivais. Quoi au juste? Presque rien, juste lui et moi assis l'un en face de l'autre pour la dernière fois, une histoire platonique qui n'aura sûrement jamais de suite, à mon grand désespoir. Mais c'est bien mal me connaître que de croire que je renonce si vite. Lorsqu'il se lève à la station suivante, je lui emboîte le pas discrètement pour savoir où il va. Quel plaisir, mais quel plaisir... je suis une espionne, je le suis à quelques mètres de distance dans un univers qui m'est inconnu mais que lui, fréquente quotidiennement avec aisance. Il se faufile dans les couloirs et je le perds de vue un instant. Non, c'est bon, il est là, près de la sortie, juste à temps j'arrive derrière lui et quand il se retourne un peu pour me tenir la porte, se fût la stupéfaction. Sans se démonter, il su trouver le courage de me tourner le dos et de presser le pas vers ce qui était sans doute son lieu de travail. Un peu démoralisée, je continue cependant de le suivre. Quelques rues plus tard il pianote un code sur une façade moderne et s'immisce dans le bâtiment en ne regardant pas derrière lui. Que faire... je fouille dans mon sac et je griffonne à la hâte un petit mot avec mon numéro, des fois qu'il change d'avis... Le papier à dû tomber et s'envoler sans doute car rien sur le mur ne pouvait le retenir.
Je m'en retournais, pour le dernier jour, avec mes collègues, à parler de nos futures vacances avec nos chéris respectifs... Le cœur gros de n'avoir su charmer au-delà d'une petite caresse sans conséquences, au fil d'un voyage, ce bel homme qui m'inspirait tant de pensées suaves. J'aurai tant aimé que l'on puisse se revoir autour d'un verre, ne se dire presque rien avant de laisser nos corps se parler plus amplement. La chaleur de l'été me fait souvent tourner la tête et ce soir là en revenant, me sentant plus garce que jamais, j'en avais un peu marre de ne trouver que des hommes impressionnables. Alors comme pour abuser de ce nouveau pouvoir je me surprends à le tester sur le premier venu qui se trouve assis en face de moi. Pauvre homme, mais non... c'était juste un jeu. Un jeu de regard entre son entrejambe et moi. Prenant un air espiègle j'y fixais mon attention avec un sourire qui s'accentuait à chaque fois que je percevais une réaction sous le tissu. Le type se lève, regarde son pantalon pour vérifier qu'il n'y a rien à y voir d'amusant puis se rassoit avec sa trique un peu plus libre pointant vers moi. Mon sourire à peine contenu, je lui parle inaudiblement de mon envie de la voir se tendre et prendre plus de place. Je bouge les lèvres imperceptiblement comme pour parler à sa queue, la flatte de mon regard langoureux, sans jamais daigner prêter la moindre attention à l'homme, hormis juste avant de me lever et partir le laissant encombré d'une érection peu discrète et d'un teint brillant de sueur.